Portrait de Salim Bachi
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Salim Bachi
Né à Alger en 1971, Salim Bachi a été scolarisé enfant en France et en Algérie,
où l’école se déroulait en arabe, c’est
pourquoi il a, selon lui, développé depuis
lors « deux façons de voir les choses ». Il a
suivi des études de lettres en Algérie et en
France et vit aujourd’hui à Paris. « Pour écrire des livres sur l’Algérie, il fallait
prendre de la distance. C’est ce que j’ai pu
faire en France. » Salim Bachi privilégie le
rôle d’observateur pour mieux questionner
le monde contemporain et les soubresauts
de l’histoire. Son écriture sensuelle et
lyrique cherche à dénicher sous les artifices
et les envoûtements du conte le réel et
la vérité de son temps, parfois rude et
macabre, mais pas désespérée pour autant.
Dès son premier roman Le Chien d’Ulysse en 2001 [Goncourt du Premier roman,
Gallimard] Salim Bachi explore les turbulences
de l’histoire algérienne récente. En
2006, il suscite la polémique avec Tuez-les
tous [Gallimard], court roman qui narre de
l’intérieur les dernières heures de la vie
d’un des pilotes terroristes de l’attentat au
World Trade Center. C’est la seule oeuvre
de Salim Bachi traduite à ce jour en arabe,
chez Barzakh.
Il prend une nouvelle fois le risque de
s’attirer les reproches d’une partie de ses
lecteurs avec Le Silence de Mahomet qui
paraît cet automne chez Gallimard en
faisant du Prophète un personnage de
roman. Il y décrit un homme passionnéà travers les confessions de plusieurs
personnes : sa première femme, Khadija,
un vieux moine chrétien, le calife Abu Bakr,
le général Khalid et la très jeune Aïcha, sa
dernière épouse…
Orphelin enrichi par son mariage avec
Khadija, ce marchand et caravanier devient
prophète et homme d’État à cinquante ans.
Le Mahomet décrit par Salim Bachi est un
homme dur et cruel comme le sont les
habitants du désert, mais fidèle à Dieu età ses amis. On y découvre un homme de
conquêtes [amoureuses ou guerrières],
pas toujours admis par les par les siens et que ses
successeurs vont trahir. |
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Dernier maquis :
le rouge et le vert
selon Rabah Ameur-Zaïmèche
Très remarqué lors de sa présentation à la
Quinzaine des Réalisateurs, à Cannes, en mai
dernier, le nouveau film de Rabah Ameur-
Zaïmèche, Dernier maquis, vient clore une
trilogie sur l’identité immigrée, entamée il y a
six ans avec Wesh wesh, qu’est ce qui se
passe ? et poursuivie en 2002 avec Bled
number one.
Le film se passe presque entièrement dans
une zone industrielle perdue, au fin fond de la
région parisienne. Là se trouve une usine de
palettes, complétée par un atelier de mécanique.
Le tout appartient à Mao, patron d’origine
maghrébine, et donc musulman. Tout comme
son personnel, qui vient pour l’essentiel
d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire. Sa
décision d’ouvrir un lieu de prière au coeur
même de l’entreprise est donc accueillie très
favorablement. Jusqu’au moment où les
salariés découvrent que contrairementà l’usage, l’iman n’est pas choisi par la communauté des croyants, mais par le seul Mao. Le
titre du film indique implicitement les intentions
du réalisateur « Dernier maquis parce
que pour moi cette usine de palettes est un
lieu de résistance et de lutte. Le moteur de
toute l’affaire, c’est toujours la lutte des
classes. Et la prétendue fin de l’histoire n’est
pas pour demain ! » disait-il d’ailleursà Cannes. Cette plongée en apnée dans la
condition prolétaire et immigrée - les deux
mots étant aujourd’hui presque synonymes -
est, sur le plan de la mise en scène, absolument
saisissante. Ameur-Zaïmèche traite son
décor comme une scène de théâtre sur
laquelle évoluent les personnages dans le
ballet incessant des chariots élévateurs et
des palettes empilées, toutes teintées en
rouge carmin !
Le propos est tout aussi audacieux. Le film
interroge les rapports de force tels qu’ils se
posent aujourd’hui dans le monde du travail
et le rôle que la religion y joue. Il montre,
sans didactisme aucun, jusqu’où peut
conduire la pression du groupe et surtout, les
pilules qu’on fait avaler [les salaires rognés,
les conditions de travail inadmissibles] grâce à un discours enrobé dans la foi.
Le rapport entre le politique et le religieux est
ainsi le véritable sujet de Dernier maquis. On
n’est jamais dans la démonstration, mais rien
n’empêche de voir le film comme une métaphore
!

MERCREDI 22 OCTOBRE
PORT-DE-BOUC
18 H 30 - Médiathèque Boris Vian
Rencontre littéraire avec Salim Bachi, écrivain algérien, auteur de plusieurs romansédités chez Gallimard
21 H - Cinéma Le Méliès
Projection
« Le Dernier maquis » film de Rabah
Ameur-Zaïmèche avec Abel Jafri,
Sylvan Roume, Christian Milia-Darmezin
[France, 2008, 1 h 33]
[réservation indispensable
au 04 42 06 29 77]
Une soirée proposée par la Médiathèque
Boris Vian, le cinéma Le Méliès & la librairie
l’Alinéa
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