Les Rencontres d'Averroès - 15ème édition - Entre Islam et Occident, la Méditerranée?
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Rencontre littéraire avec Salim Bachi
• Mercredi 22 octobre à 18 h 30 • Port-de-Bouc • Médiathèque Boris Vian
Projection « Dernier maquis » de Rabah Ameur-Zaïmèche
• Mercredi 22 octobre à 21 h • Port-de-Bouc • Cinéma Le Méliès

Salim BachiPortrait de Salim Bachi
© Droits réservés

Salim Bachi

Né à Alger en 1971, Salim Bachi a été scolarisé enfant en France et en Algérie, où l’école se déroulait en arabe, c’est pourquoi il a, selon lui, développé depuis lors « deux façons de voir les choses ». Il a suivi des études de lettres en Algérie et en France et vit aujourd’hui à Paris. « Pour écrire des livres sur l’Algérie, il fallait prendre de la distance. C’est ce que j’ai pu faire en France. » Salim Bachi privilégie le rôle d’observateur pour mieux questionner le monde contemporain et les soubresauts de l’histoire. Son écriture sensuelle et lyrique cherche à dénicher sous les artifices et les envoûtements du conte le réel et la vérité de son temps, parfois rude et macabre, mais pas désespérée pour autant. Dès son premier roman Le Chien d’Ulysse en 2001 [Goncourt du Premier roman, Gallimard] Salim Bachi explore les turbulences de l’histoire algérienne récente. En 2006, il suscite la polémique avec Tuez-les tous [Gallimard], court roman qui narre de l’intérieur les dernières heures de la vie d’un des pilotes terroristes de l’attentat au World Trade Center. C’est la seule oeuvre de Salim Bachi traduite à ce jour en arabe, chez Barzakh.
Il prend une nouvelle fois le risque de s’attirer les reproches d’une partie de ses lecteurs avec Le Silence de Mahomet qui paraît cet automne chez Gallimard en faisant du Prophète un personnage de roman. Il y décrit un homme passionnéà travers les confessions de plusieurs personnes : sa première femme, Khadija, un vieux moine chrétien, le calife Abu Bakr, le général Khalid et la très jeune Aïcha, sa dernière épouse…
Orphelin enrichi par son mariage avec Khadija, ce marchand et caravanier devient prophète et homme d’État à cinquante ans. Le Mahomet décrit par Salim Bachi est un homme dur et cruel comme le sont les habitants du désert, mais fidèle à Dieu età ses amis. On y découvre un homme de conquêtes [amoureuses ou guerrières], pas toujours admis par les par les siens et que ses successeurs vont trahir.

Dernier maquis© Droits réservés

Dernier maquis :
le rouge et le vert
selon Rabah Ameur-Zaïmèche

Très remarqué lors de sa présentation à la Quinzaine des Réalisateurs, à Cannes, en mai dernier, le nouveau film de Rabah Ameur- Zaïmèche, Dernier maquis, vient clore une trilogie sur l’identité immigrée, entamée il y a six ans avec Wesh wesh, qu’est ce qui se passe ? et poursuivie en 2002 avec Bled number one.
Le film se passe presque entièrement dans une zone industrielle perdue, au fin fond de la région parisienne. Là se trouve une usine de palettes, complétée par un atelier de mécanique.
Le tout appartient à Mao, patron d’origine maghrébine, et donc musulman. Tout comme son personnel, qui vient pour l’essentiel d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire. Sa décision d’ouvrir un lieu de prière au coeur même de l’entreprise est donc accueillie très favorablement. Jusqu’au moment où les salariés découvrent que contrairementà l’usage, l’iman n’est pas choisi par la communauté des croyants, mais par le seul Mao. Le titre du film indique implicitement les intentions du réalisateur « Dernier maquis parce que pour moi cette usine de palettes est un lieu de résistance et de lutte. Le moteur de toute l’affaire, c’est toujours la lutte des classes. Et la prétendue fin de l’histoire n’est pas pour demain ! » disait-il d’ailleursà Cannes. Cette plongée en apnée dans la condition prolétaire et immigrée - les deux mots étant aujourd’hui presque synonymes - est, sur le plan de la mise en scène, absolument saisissante. Ameur-Zaïmèche traite son décor comme une scène de théâtre sur laquelle évoluent les personnages dans le ballet incessant des chariots élévateurs et des palettes empilées, toutes teintées en rouge carmin !
Le propos est tout aussi audacieux. Le film interroge les rapports de force tels qu’ils se posent aujourd’hui dans le monde du travail et le rôle que la religion y joue. Il montre, sans didactisme aucun, jusqu’où peut conduire la pression du groupe et surtout, les pilules qu’on fait avaler [les salaires rognés, les conditions de travail inadmissibles] grâce à un discours enrobé dans la foi.
Le rapport entre le politique et le religieux est ainsi le véritable sujet de Dernier maquis. On n’est jamais dans la démonstration, mais rien n’empêche de voir le film comme une métaphore !

MERCREDI 22 OCTOBRE
PORT-DE-BOUC
18 H 30 - Médiathèque Boris Vian
Rencontre littéraire avec Salim Bachi, écrivain algérien, auteur de plusieurs romansédités chez Gallimard
21 H - Cinéma Le Méliès
Projection « Le Dernier maquis » film de Rabah Ameur-Zaïmèche avec Abel Jafri, Sylvan Roume, Christian Milia-Darmezin [France, 2008, 1 h 33]
[réservation indispensable au 04 42 06 29 77]
Une soirée proposée par la Médiathèque Boris Vian, le cinéma Le Méliès & la librairie l’Alinéa

réalisation : Laurence Fillon [espaceculture] / visuel original : Georges René