Rencontres d’Averroès – 16e édition « La Méditerranée, figures du tragique »
Les tables rondes pour penser la Méditerranée des deux rives - 27 & 28 novembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles
Averroès junior - novembre 2009 à mars 2010 - Ressourcer les jeunes générations
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Sous le signe d’Averroès /  Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc / 30 octobre au 6 décembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles

<< Le programme culturel
Chez les Winners
Médée selon Mélina

En 1959, Jules Dassin annonce le tournage d’un film intitulé Jamais le dimanche.
Aussitôt, on pense qu’il s’agit d’un nouveau polar, un de ces polars secs et nerveux qui ont fait sa notoriété à la fin des années 40. Le réalisateur américain a en effet marqué le genre avec Les Bas-fonds de Frisco, La Cité sans voiles, et surtout Les Forbans de la nuit, qui reste aujourd’hui encore un superbe et vénéneux diamant noir.

Par la suite, quand le maccarthysme l’a obligé à fuir les Etats-Unis pour l’Europe, Dassin a continué dans la même veine (Du rififi chez les hommes). Il a par ailleurs adapté des romans qui ne sont pas particulièrement gais (La loi d’après Roger Vaillant, Celui qui doit mourir d’après Kazantzakis). Bref, quand il met en chantier Jamais le dimanche, personne n’imagine qu’il en sortira une comédie. Seulement voilà, quelques mois plus tôt, ce grand pessimiste a rencontré une femme. Et sa vie et son cinéma s’en trouvent littéralement ensoleillés. Il faut dire que cette femme n’est autre que Mélina Mercouri !
A travers Jamais le dimanche Jules Dassin évoque à l’évidence le profond changement qui s’est opéré en lui à la suite de cette rencontre. Car le personnage d’Homère – qu’il interprète avec une bonne dose d’auto dérision – lui ressemble beaucoup ! C’est un intello américain, bardé de tout un savoir livresque, perdu dans les grands concepts, un tantinet coincé, qui vient chercher en Europe des réponses définitives à ses grandes interrogations métaphysiques. Sur son chemin, il trouve une femme solaire, Il y a, parfaite incarnation de la sensualité et de l’épicurisme méditerranéens… Et prostituée fort heureuse de sa condition ! (Ce qui, pour Homère, relève de l’inconcevable) Qui des deux réformera l’autre ? C’est ce que découvriront les spectateurs avec beaucoup de plaisir !
« Mais, se demanderont certains, pourquoi diable avoir inclus ce film dans une programmation dédiée à la tragédie ? » Parce qu’il y a tout à fait sa place ! Homère et Ilya sont en effet deux grands amateurs de tragédies antiques. Il les a toutes lues. Elle ne rate jamais une représentation. Simplement, ils n’en font pas la même interprétation. Celle d’Homère ne surprendra personne. En revanche, celle d’Ilya est, disons, assez décoiffante ! Il faut vraiment découvrir sa version de Médée (et accessoirement l’entendre chanter Les Enfants du Pirée) chez les Winners le 18 novembre ! Tant pis si Euripide semblera soudain manquer d’imagination !

• MERCREDI 18 NOVEMBRE À 20H30 • MARSEILLE • Club de supporters les winners
Projection de Jamais le dimanche
de Jules Dassin, avec Melina Mercouri
[Grèce, 1960, 1 h 31]
Suivie d’un débat avec Didier Pralon et Thierry Fabre
ENTRÉE LIBRE

production & organisation : Espaceculture / réalisation : Novasud / visuel original : Georges René