Rencontres d’Averroès – 16e édition « La Méditerranée, figures du tragique »
Les tables rondes pour penser la Méditerranée des deux rives - 27 & 28 novembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles
Averroès junior - novembre 2009 à mars 2010 - Ressourcer les jeunes générations
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Sous le signe d’Averroès /  Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc / 30 octobre au 6 décembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles

<< Le programme culturel
Vengo
ou la tragédie flamenca

Quand le choix de la thématique Averroès 2009 a été arrêté, l’idée de consacrer une ou plusieurs soirées à l’art flamenco est aussitôt apparue incontournable. Mais il fallait éviter l’écueil de l’espagnolade, toujours prompte, avec ses joliesses, à se substituer au cante jondo, le chant profond, le cri tragique et brut.
Ce qu’il importait de montrer, en fait, c’est qu’on ne fait pas du flamenco : on est flamenco ! Partout. Tout le temps. Jusque dans la façon de demander un verre ou de proposer une cigarette. C’est une manière d’être ; un mode à la fois intense et ironique de vivre les choses, la joie, l’allégresse aussi bien que le drame. De Terremoto de Jerez à Camaron de la Isla, de Carmen Amaya à Agujetas, de la Niña de Los Peines à Caracol, il ne manque pas de danseurs, de cantaores, ou de musiciens pour incarner, avec une confondante beauté, cette manière d’être au monde. Mais il n’y a, jusqu’à présent, qu’un seul homme qui se soit exprimé ainsi par le truchement d’une caméra. Et cet homme, c’est Tony Gatlif.
Né en 1938 dans la banlieue d’Alger au sein d’une famille de Gitans andalous, longtemps illettré, à demi-voyou au cours de sa jeunesse vadrouilleuse, Gatlif hérite sa passion pour le cinéma d’un de ses rares passages sur les bancs de l’école, grâce à la cinéphilie contagieuse d’un vieil instituteur. Il fait d’abord l’acteur, mais, très vite, c’est la mise en scène qui le passionne. Depuis 1978, année où il réalise son premier court-métrage, il ne s’est jamais arrêté.
Flamenco jusqu’à la moelle, il peut lui arriver de rater complètement un film, mais quand il a le duende (l’état de grâce), il est vraiment inspiré ! Et il ne l’est jamais autant que quand il célèbre son peuple, celui des Roms et des Gitans. Pour preuve : Latcho drom, Gadjo dilo, et ce Vengo qu’il a tourné en 2000, en Andalousie.
Comme dans l’opéra classique, l’histoire – celle d’un chef de clan qui, en plus d’être rongé par la mort accidentelle de sa fille, doit assumer une vendetta – est surtout un support pour exalter la douloureuse beauté du chant (et de la danse). Il s’agit de porter le flamenco à incandescence. « Vengo, c’est d’abord un cri, un chant, un hymne à la vie, à l’amour, au deuil, au pacte du sang. Un hymne à la Méditerranée » dit d’ailleurs Tony Gatlif. Qui a fait appel à des artistes qu’il admire, le guitariste Tomatito et le danseur Antonio Canales « chevalier à la triste figure » à qui il a confié le rôle principal (mais qu’il ne fait pas danser !). Il a par ailleurs composé lui-même l’essentiel de la bande sonore. Elle scande la montée dramatique de cette histoire digne d’une tragédie antique. Presque à chaque plan, l’âpreté du chant monte des entrailles pour dire les blessures de l’âme et annoncer l’heure du sacrifice. Cante jondo, tragedia gitana…

Le samedi 21 novembre, en prélude à la projection de Vengo à l’Alhambra, le public pourra assister à un mini-concert de Flamenco Joven. Regroupés autour du charismatique Luis, ces six jeunes musiciens et chanteurs sont tous de l’Estaque, où l’on peut parfois les entendre, jouant pour leur plaisir, sur la place Raphel.
Bien sûr, comme le veut la tradition gitane, ils ont « tété le flamenco au biberon », en écoutant et en imitant les aînés. Et s’il leur arrive de faire des concerts plus dansants, pour cette soirée particulière, ils revisiteront le répertoire classique. A découvrir !

Vengo© D.R.

• JEUDI 19 NOVEMBRE À 20H Carry-le-Rouet • Cinéma espace Fernadel
Projection de Vengo de Tony Gatlif
[Espagne, Allemagne, Japon, France - 2000 - 1 h 38]
Ours d’Argent au Festival de Berlin en 2001
En présence de Jacques Maigne, journaliste indépendant et documentariste, est l'auteur de plusieurs livres sur l'univers méditerranéen du flamenco, des gitans, des taureaux d'Andalousie. Il a collaboré également à l'adaptation des scénarios des films de Tony Gatlif, avec qui il a suivi le tournage de Vengo.
Suivie d’un débat avec Jacques Maigne

• SAMEDI 21 NOVEMBRE A 17h30 • Marseille
Alhambra Cinémarseille
Projection de Vengo
précédée d’un concert de Flamenco Joven

production & organisation : Espaceculture / réalisation : Novasud / visuel original : Georges René