Rencontres d’Averroès – 16e édition « La Méditerranée, figures du tragique »
Les tables rondes pour penser la Méditerranée des deux rives - 27 & 28 novembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles
Averroès junior - novembre 2009 à mars 2010 - Ressourcer les jeunes générations
Les publications des précédentes Rencontres
Les éditions précédentes des Rencontres d’Averroès
Les partenaires & les financeurs
Les informations pratiques & les contacts
Le public à la parole
Sous le signe d’Averroès /  Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc / 30 octobre au 6 décembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles

<< Le programme culturel
Auteur/chercheur
La Littérature et le tragique méditerranéen

L’IEP d’Aix-en Provence propose une rencontre entre Maïssa Bey, écrivaine algérienne et Marie-Sophie Doudet, enseignante à Sciences Po et spécialiste de Camus. L’auteure et l’universitaire vont donc échanger sur la dimension tragique des passions méditerranéennes.

Maïssa Bey est née en 1950. La tragédie algérienne, elle l’a vécue dans sa chair puisque son père instituteur est mort pendant la guerre d’indépendance. Dès son plus jeune âge, elle trouve refuge dans la littérature et se retrouve confrontée à un paradoxe : son père fut tué en se battant contre les Français, dont elle adorait la culture. Elle a donc décidé d’écrire dans cette langue, car dit-elle, « il est bien plus réaliste de (la) considérer comme un acquis, un bien précieux, et peut être même un « butin de guerre » ainsi que la définissait Kateb Yacine ».
Elle fut ensuite confrontée aux années de terreur que connut l’Algérie dans les années 90. Dans ses romans (Au commencement était la mer, Cette fille-là, L’Une et l’autre…) et nouvelles (Nouvelles d’Algérie, Sous le Jasmin la nuit…), l’écrivaine mêle l’Histoire, l’autobiographie et la mémoire collective comme pour une tentative d’exorcisme de la violence qui déchire son pays. Elle est aussi consciente de la responsabilité de faire résonner sa voix dans le silence et les conditions imposées aux femmes. En outre, elle est l’auteure d’un livre de réflexion sur Albert Camus : L’Ombre d’un homme qui marche au soleil.

La rencontre avec Marie-Sophie Doudet concernera certainement la figure de ce penseur dont le destin autant que l’oeuvre furent tragiques. « Nous allons sûrement converger sur des centres d’intérêts qui nous sont communs », pense d’ailleurs l’universitaire. Elle a publié chez Gallimard des commentaires de l’écrivain marocain Driss Chraïbi, de La Chute et des Justes. Autant de points d’accroche pour aborder le destin tragique de la Méditerranée. « Camus a été déchiré par ce qui est arrivé en Algérie et il a été très lucide sur la situation. Ces textes continuent d’éclairer notre actualité ». Dans quelques unes de ses plus belles pages, la splendeur des paysages méditerranéens contraste avec l’omniprésence de la mort. « La tragédie correspond à la capacité de transformer une situation d’horreur en poème. La violence nous émeut parce qu’on arrive à la sublimer. Grâce au verbe l’indicible devient alors un chant ». Maïssa Bey pense sans doute aussi que la seule réponse à la bestialité absurde réside dans la fulgurance de l’art.

Maïssa Bey© Patrick Box/Hop

• JEUDI 19 NOVEMBRE À 18H • Aix en Provence • IEP
Rencontre avec Maïssa Bey et Marie-Sophie Doudet animée par Daniel van Eeuwen.
Une proposition de l’IEP en collaboration avec la librairie Harmonia Mundi et Espaceculture.
ENTRÉE LIBRE

production & organisation : Espaceculture / réalisation : Novasud / visuel original : Georges René