Rencontres d’Averroès – 16e édition « La Méditerranée, figures du tragique »
Les tables rondes pour penser la Méditerranée des deux rives - 27 & 28 novembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles
Averroès junior - novembre 2009 à mars 2010 - Ressourcer les jeunes générations
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Sous le signe d’Averroès /  Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc / 30 octobre au 6 décembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles

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À la découverte
d’Hypatie

Diderot lui a certes consacré un article de l’Encyclopédie, et Leconte de Lisle un de ses Poèmes antiques, mais, avouons-le, l’existence d’Hypatie d’Alexandrie n’était connue, jusqu’à présent, que des seuls érudits ! Or voilà que cette philosophe et mathématicienne de la fin du IVe siècle sort des limbes de l’Histoire ! Et qu’elle éveille chez les chercheurs comme chez les artistes un intérêt grandissant. Raison de cet engouement ? Une personnalité hors du commun, alliée à une funeste destinée !
Non contente d’être la seule femme versée dans les sciences exactes de toute l’Antiquité, Hypatie fut aussi – et surtout – un modèle de hardiesse intellectuelle, une conquérante de la liberté de pensée. Et elle en est morte. Sauvagement assassinée par des Chrétiens fanatiques au motif qu’elle était impie, et montait les autorités politiques contre la nouvelle religion et ses représentants. Attesté par des documents historiques, mais suffisamment imprécis pour permettre une multitude d’interprétations et de transpositions, ce destin tragique, ce crime contre l’intelligence, prend aujourd’hui – avec la montée des intégrismes, le retour du conservatisme, et le lien équivoque entre le religieux et le politique – une résonance très actuelle. Les féministes y voient un symbole, les historiens et les philosophes un objet d’études, et les écrivains un sujet d’inspiration.
Hugo Pratt agit en pionnier quand il la fait apparaître, en 1979, dans la 25e aventure de Corto Maltese [Fable de Venise]. Depuis la fin des années 90, on la retrouve partout ! Olivier Gaudefroy la prend comme personnage récurrent de ses polars situés dans l’Antiquité tardive. L’Egyptien Yousouf Zaydan vient d’axer autour d’elle son roman Azazil, Prix de la meilleure fiction arabe 2009.
Quant au gréco-canadien Pan Bouyoucas, il en fait, en 1999, l’héroïne d’une tragédie intitulée Hypatie ou la mémoire des hommes *.

* Hypatie ou la mémoire des hommes
de Pan Bouyoucas du 19 janvier au 6 février 2010 au Théâtre Gyptis, Marseille
Mise en scène : Andonis Vouyoucas

Hypatie ou la mémoire des hommes© Bik & Book - Photo Robert Bilbil

La pièce sera mise en scène en janvier au Théâtre Gyptis de Marseille par Andonis Vouyoucas qui a tenu à la monter précisément parce qu’« elle pose la question de l’intolérance religieuse et de ses conséquences. » Elle est en effet construite sur l’hypothèse qu’en 395, ce sont les Chrétiens qui ont incendié la Bibliothèque d’Alexandrie, causant la destruction de milliers de volumes et la mort du conservateur, Théon, le père d’Hypatie. L’héroïne, fidèle à l’enseignement paternel, n’a de cesse que de vouloir préserver la pluralité de la pensée, retranscrivant ce que la mémoire a pu sauver des cendres. Envers et contre toutes les croyances qui s’affrontent, la Bibliothèque rouvre donc 25 ans plus tard et – terrible défaite de la pensée – brûle à nouveau.
On est, bien sûr, très curieux de découvrir ce personnage que le cinéma vient également d’annexer. Alejandro Amenabar, le réalisateur de Tesis, d’Ouvre les yeux, et des Autres, a fait d’Hypatie l’héroïne de son nouveau film, Agora. Et sous les traits de Rachel Weisz, elle parle parfaitement anglais !

• SAMEDI 21 NOVEMBRE À 15H • Marseille • Théâtre Gyptis
Rencontre et lectures autour de la création « Hypatie ou la mémoire des hommes » avec Gilles Dorival [professeur de langue et littérature grecques à l’Université d’Aix- Marseille 1, membre de l’Institut Universitaire de France], Didier Pralon & Andonis Vouyoucas [metteur en scène].
Intermèdes musicaux par Muriel Oger Tomao [soprano].
Une programmation du Théâtre Gyptis
ENTRÉE LIBRE

production & organisation : Espaceculture / réalisation : Novasud / visuel original : Georges René