Rencontres d’Averroès – 16e édition « La Méditerranée, figures du tragique »
Les tables rondes pour penser la Méditerranée des deux rives - 27 & 28 novembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles
Averroès junior - novembre 2009 à mars 2010 - Ressourcer les jeunes générations
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Sous le signe d’Averroès /  Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc / 30 octobre au 6 décembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles

<< Le programme culturel
La Ciotat
De la première à la seconde Intifada

Paradise Now et le Cantique Mécanique

La soirée proposée à La Ciotat le 22 novembre résulte, là encore, d’un partenariat nouveau (et tripartite !) entre le Cinéma Lumière de La Ciotat, l’association Art et Essai et les Rencontres d’Averroès.
Au départ : une rétrospective baptisée « Tomber les murs », organisée du 8 novembre au 6 décembre par la salle et l’association ciotadines autour du cinéma palestinien.
La convergence avec les Rencontres d’Averroès est toute trouvée
!

C’est plus particulièrement autour de la journée du 22 novembre que le partenariat se concrétise. Réalisés à 15 ans d’écart, les films proposés ce jour-là – Le Cantique des pierres et Paradise now – reflètent en effet parfaitement le tragique de la situation palestinienne. Ils portent non seulement la marque du moment qui les a vus naître, la première Intifada pour l’un, la seconde pour l’autre, mais permettent aussi de mesurer – expression horrible, mais exacte – l’évolution du désespoir palestinien.
Leurs auteurs respectifs sont des cinéastes de talent, Michel Khleifi et Hany Abu-Assad, qui ont sensiblement le même parcours. Nés tous deux à Nazareth, ils se sont exilés en Europe du Nord (Belgique pour Khleifi, Hollande pour Abu-Assad) afin de pouvoir produire et réaliser les films qui leur tenaient à coeur.
Tourné en 1989, pendant l’un des moments les plus durs de la première Intifada, Le Cantique des pierres oscille entre fiction et documentaire, métaphore poétique et rigueur. Car tout en se voulant témoin de la situation, Michel Khleifi ne se satisfait pas d’une chronique d’actualité. Il imagine l’histoire d’un couple que les événements séparent puis réunissent (avant que de se retrouver au coeur de « la guerre de pierres », elle, la Galiléenne, s’est exilée aux Etats-Unis, tandis que lui, le Cisjordanien, a été arrêté et condamné à une lourde peine par les Israéliens). Ce faisant, il plonge dans l’histoire, montre les origines de ce soulèvement, échappe à la langue de bois et réussit, comme il le souhaitait, à « inscrire la fin du rôle historique et politique d’une génération et le début d’une autre histoire ».
L’autre histoire, ce pourrait être justement celle de Paradise now, qui se résume ainsi : les dernières heures de deux jeunes de Naplouse, envoyés en mission kamikaze en Israël. Hany Abu-Assad a tourné ce brûlot en 2005. C’est la première fois que le thème des attentats-suicides est abordé au cinéma. « Mais, insiste Amir Harel, le coproducteur (israélien) du film, à aucun moment le film ne justifie, d’un point de vue moral ou politique, de tels actes. Il ne fait que montrer que c’est un des prix à payer pour cette tragédie appelée conflit israélo-palestinien. Et on y comprend aussi que cette violence n’a rien de culturel ou de naturel » Inconfortable pour les Israéliens, le film l’est tout autant pour les extrémistes palestiniens. Car il n’hésite pas à montrer le grotesque du rituel terroriste. Le « testament des martyrs » n’est qu’un texte écrit à l’avance, ânonné par les futurs kamikazes, et filmé par une caméra qui s’enraye ! Et que dire du discours des « responsables » qui certifient, la main sur le coeur, que les corps ainsi sacrifiés seront recueillis par des anges et conduits au paradis ! « Unité de temps, de lieu, d’action, résumait Pierre Murat dans Télérama, on est au coeur d’une tragédie contemporaine où de pauvres mortels, joués par des dieux aussi cruels que ceux de l’Antiquité, meurent pour rien, sans avoir accompli grand-chose. Ne suscitant que le chagrin et la pitié. »

Antoine Héberlé, chef-opérateur de choc
Le chef-opérateur de Paradise now, Antoine Héberlé, sera le 22 novembre à la Ciotat pour raconter comment s’est déroulé le tournage du film, en pleine Intifada. Un tournage plusieurs fois suspendu en raison des combats, déserté par l’essentiel de l’équipe technique (européenne), et qui n’est allé à son terme que grâce à la ténacité, et au courage, de quelques-uns. Heureusement pour lui, Antoine Héberlé ne travaille pas toujours dans des conditions aussi périlleuses ! Il a notamment éclairé tous les films de Laetitia Masson et d’Alain Guiraudie. Il a aussi beaucoup collaboré avec des cinéastes du sud : le Marocain Faouzi Bensaïdi (Mille mois), la Libanaise Danielle Arbid (Aux frontières), les Israéliens Etgar Keret & Shira Geffen (Les Méduses). Il a récemment signé la photo de Rio, ligne 174 et de Mademoiselle Chambon.

Paradise now©D.R.

• Dimanche 22 NOVEMBRE À 18H • La Ciotat• Cinéma Lumière
Mois du film Palestinien
Projection de Paradise now de Hany Abu-Assad [Palestine, France, Allemagne, 2005, 1 h 25] et Le Cantique des pierres de Michel Khleifi [Palestine, Belgique, 1990, 1 h 46]
Invité : Antoine Héberlé, chef-opérateur du film Paradise now

production & organisation : Espaceculture / réalisation : Novasud / visuel original : Georges René