Ilhan Ersahin fondateur du groupe Istanbul
Sessions symbolise à lui seul le cosmopolitisme
de la capitale turque. Il est né en Suisse, vit à
New York où il a créé en plein coeur de l’East
Village un club et un label connus et respectés
dans le monde entier. Mais étant de père turc, il a
toujours entretenu un lien très fort avec ce pays. Il
présente d’ailleurs Istanbul Sessions comme un
projet « organique ». Une combinaison musicale
qui doit autant à l’influence de la scène stambouliote,
à la musique électronique, au rock et au
jazz improvisé. Ilhan Ersahin au saxo est entouré
de trois musiciens, eux aussi de haute volée :
un bassiste, Alp Ersonmez, un batteur, Turgut Alp
Bekoglu, et un percussionniste, Izzet Kizil, pour un
quartet résolument « groove ». Leur concert a la
réputation d’être particulièrement remuant, pour
les neurones autant que pour les jambes. Et surprenant.
Ils n’hésitent pas à lancer des invitations
à des artistes complices. D’où la présence d’Erik
Truffaz pour leur prestation aux Dock des Suds, le
28 novembre. Il n’y a pas vraiment de hasard. Erik
Truffaz : « j’ai rencontré Ilhan Ersahin à Istanbul
dans un lieu où je jouais régulièrement. Nous
nous sommes ensuite revus à New-York et il m’a
invité sur ce projet. Istanbul est une ville fascinante.
Un véritable carrefour entre l’Europe et
l’Asie, avec une grande liberté d’esprit et de comportement.
De plus, le niveau musical y est très
élevé. Je suis particulièrement sensible à ce
mélange d’influences gitanes, turques, kurdes…Dans Istanbul Sessions, par exemple, le percussionniste
est kurde et il a une rythmique extraordinaire ». Pas étonnant donc qu’Erik Truffaz se soit
laissé séduire par cette aventure.
Une musique sans étiquette
Ce musicien, auteur de 12 albums, craint par
dessus tout de se répéter. Il adore mélanger les
univers et les influences. Bien qu’ayant signé avec
le très prestigieux label de jazz Blue note, il n’a eu
de cesse d’ouvrir son instrument, la trompette, à
d’autres sonorités. L’électronique, la drum’n’ bass,
la pop, les musiques du monde… Ne cherchez
pas à mettre d’étiquettes sur le bonhomme, elles
n’adhèreront pas. Erik Truffaz est l’homme des
rendez-vous, comme en témoigne son dernier triptyque
en date Paris/Benarès/Mexico, où son instrument
converse tour à tour avec un rappeur
français, des musiciens indiens ou un bidouilleur
mexicain. De ces rencontres avec des genres
musicaux très différents naissent des couleurs et
des sonorités inédites.
« En changeant la forme, je
déplace aussi le fond et je trouve d’autres ressources
en moi. Il faut essayer de comprendre, de
s’imbiber de la musique et de la culture de
l’Autre… Mais ce qui me permet de voyager d’un
univers à l’autre, c’est sans doute aussi le fait de
transporter avec moi un univers qui m’est
propre. Quand on joue, un échange émotionnel
avec les autres musiciens doit se produire. C’est
comme dans une conversation, ce que l’on dit doit
permettre à l’autre de rebondir ».
Effets de surprise et saut
dans l’inconnu
La recette de cette alchimie est d’autant plus difficile
à donner qu’elle repose sur une grande part
d’improvisation. « Avec Istanbul Sessions, on peut
dire qu’il y a 25% d’écrit et 75 % d’improvisation.
Dans cette musique qui n’est pas entièrement
écrite, il faut savoir autant se taire que parler.
La complémentarité dépend beaucoup de la capacité
des musiciens à s’adapter au moment présent et à
répondre à des propositions différentes. Il faut
que les gens soient souples ».
La trompette d’Erik Truffaz déambule ainsi, comme
un point de ralliement, de convergence entre des
sonorités parfois très contrastées. Avec Istanbul
Sessions, il répond au son très groovy du quartet
en ouvrant des espaces de respiration qui entraînent
la musique encore plus loin ailleurs.
Sur scène, Erik Truffaz semble dans son élément
naturel : « Pour moi, il est plus facile de jouer en
live que de composer et d’enregistrer parce que le
public nous communique son énergie. C’est un
moment précieux, fragile et unique. Nous sommes
face à un groupe de personnes que l’on ne connaît
pas et nous sommes tous concentrés sur la même
chose, au même moment. C’est extraordinaire ».
Ecouter devient alors littéralement se laisser
emporter. Le moment est d’autant plus magique
qu’il est imprévisible. « A partir du moment où l’on
prend le risque d’inventer en direct, on accepte
aussi les erreurs et les imperfections. Mais ce
saut dans l’inconnu en présence d’un public
permet d’atteindre des endroits inexplorés ». |
© D.R.

• SAMEDI 28 NOVEMBRE À 20H30 • MARSEILLE • DOCK DES SUDS
Concert Istanbul Sessions
feat Erik Truffaz (Turquie/USA/France)
Oriental electro jazz
Ilhan Ersahin, saxophone & piano
Rhodes Alp Ersönmez, basse
Turgut Alp Bekoglu, batterie
Izzet Kizil, percussions
Erik Truffaz, trompette
TARIF : 15 €
Billetterie Espaceculture, 04 96 11 04 61
> commander vos billets [paiement sécurisé]

www.espaceculture.net
www.myspace.com/istanbulsessions
www.myspace.com/ilhanersahin

Une soirée organisée par Espaceculture,
en partenariat avec La Fiesta des Suds,
en coproduction avec Marseille Provence 2013,
avec le soutien de la SACEM.
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