Rencontres d’Averroès – 16e édition « La Méditerranée, figures du tragique »
Les tables rondes pour penser la Méditerranée des deux rives - 27 & 28 novembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles
Averroès junior - novembre 2009 à mars 2010 - Ressourcer les jeunes générations
Les publications des précédentes Rencontres
Les éditions précédentes des Rencontres d’Averroès
Les partenaires & les financeurs
Les informations pratiques & les contacts
Le public à la parole
Sous le signe d’Averroès /  Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc / 30 octobre au 6 décembre 2009
Sous le signe d’Averroès - 30 octobre au 6 décembre 2009 - Marseille, Aix-en-Provence, Apt, Arles, Carry-le-Rouet, La Ciotat, La Garde, Martigues, Port-de-Bouc, Vitrolles

<< Le programme culturel
Ghassan Zaqtan
Suppléments au passé

Le centre international de poésie Marseille (cipM) propose une lecture bilingue arabe/français du dernier livre de Ghassan Zaqtan, Suppléments au passé. Ce poète palestinien puise bien sûr dans la réalité de son pays déchiré par la guerre. Les images qu’il crée viennent toujours éclairer un fil narratif extrêmement cohérent. C’est bien une histoire qu’il nous raconte. À la fois intime et objective. Douloureuse mais lumineuse.
Si loin si proche.

« Nous avons accueilli Ghassan Zaqtan une première fois, en 1999, pour une lecture, se souvient Emmanuel Ponsart, le directeur du cipM. Il est revenu pour une résidence d’écriture de trois mois à la fin de l’année 2006. C’est dans ce cadre qu’il a écrit Suppléments au passé ». Le livre, traduit en français par Jean-Charles Depaule et Lotfi Nia, vient d’être publié par le cipM dans la collection « Le Refuge ». Fin 2008, Ghassan Zaqtan a également participé, avec deux autres poètes palestiniens (Zuhair Abu Shayeb et Basheer Shalash), à un atelier de traduction de leurs oeuvres en français. Ils ont travaillé avec Jean Daive, Jean-Charles Depaule et Jérôme Mauche. Ces derniers iront prochainement à Ramallah pour, à leur tour, être traduits en arabe. « Ce travail donne toujours lieu à une publication bilingue. Mais, outre l’intérêt du résultat de la traduction collective et de sa publication, ces échanges permettent aussi aux poètes d’appréhender une autre ville, un autre pays, une autre culture. La plupart collaborant par ailleurs à des revues ou à des maisons d’édition, ces échanges se poursuivent souvent ensuite sous d’autres formes ».

Le retour incomplet
Bien que profondément enraciné en Palestine, Ghassan Zaqtan a donc traversé d’autres territoires, autant géographiques que spirituels et intellectuels. En outre, il a du quitter son pays et cet exil forcé a aussi nourri les poèmes qui composent Suppléments au passé. Une fois rentré chez lui, il a bien été obligé de confronter ses rêves à la réalité. Il a du prendre acte du décalage entre ce que sa mémoire mettait en jeu et ce que lui offrait le présent. L’écart ne pourra jamais être comblé. « Je suis en quelque sorte en retour incomplet dans un lieu incomplet », déclarait récemment le poète 1. De même, Ghassan Zaqtan pose un regard lucide et sans concession sur les idéaux parfois écrasants des générations précédentes. Ce qui a changé, semble-t-il, ce n’est pas la détermination des poètes palestiniens à défendre leur terre, c’est la manière de le dire à partir de leurs histoires personnelles, individuelles. « La nouvelle génération, dans son écriture, est en même temps plus proche du quotidien, avec moins de « grandes idées » et de « phrases sacrées ». Les jeunes auteurs sont plus proches du réel. Auteurs, et auteures car cette génération compte de nombreuses jeunes femmes, en particulier dans la bande de Gaza, comme Hala Shruf et bien d’autres. Leur écriture se veut libre. Elle traite de l’occupation, mais aussi des traditions de leur communauté » 2.
Son dernier livre que le cipM nous propose d’entendre s’inscrit dans cette volonté de rester au plus près du réel tout en le transcendant. La lecture de Suppléments au passé sera bilingue, arabe/français. La voix de Ghassan Zaqtan croisera celle de l’un de ses traducteurs Jean-Charles Depaule.

1. - 2. Entretien publié le 3 janvier 2008, sur le site de Pour la Palestine : http://www.france-palestine.org/

Ghassan Zaqtan© Jean-Marc de Samie

Ghassan Zaqtan est né en 1954, à Beit Jala près de Bethlehem. Après avoir connu l’exil en Jordanie, en Syrie et en Tunisie, il vit aujourd’hui à Ramallah, en Palestine. Auteur de nombreux recueils de poésie, dont Early morning (1980), Old reasons (1982), Light sky (1992), Coal chronology (2003), il a aussi écrit un roman, Describing the past (publié en Jordanie en 1995), et des scripts pour des films documentaires. Ses oeuvres ont été traduites en français, anglais, portugais, espagnol, chinois, norvégien et italien. Ghassan Zaqtan est le cofondateur et directeur de la Maison des Poètes à Ramallah. Il s’est également investi dans la création de plusieurs revues culturelles et littéraires, en tant qu’éditeur ou rédacteur en chef : Al-Bayader (1990-1994), Al-Masharef (1995-1998), puis Al-Shou’ara (1998-2003).

VENDREDI 30 OCTOBRE À 19 H • Marseille • cipM
Lecture bilingue arabe/français par l’auteur Ghassan Zaqtan et l’un de ses traducteurs Jean-Charles Depaule de Suppléments au passé, éditions du cipM, octobre 2009.
ENTRÉE LIBRE

production & organisation : Espaceculture / réalisation : Novasud / visuel original : Georges René