

Soirée de clôture de la 18e édition des Rencontres d'Averroès
19 novembre 2011 à 21h à l'Auditorium du Parc Chanot.
Espaceculture_Marseille & Le Cri du Port présentent
Titi Robin Quintet, "Les Rives"
des cultures tziganes, orientales et européennes, sur la vague impétueuse
et majestueuse qui coule des contreforts de l'Inde à travers l'Asie centrale jusqu'aux rives de la mer Méditerranée. Il y a recherché puis construit patiemment un univers esthétique original.
Mais il est impossible de réduire son art à un simple désir de mixer les sons et les styles. La musique de Titi Robin Quintet exprime ce que les mots ont souvent du mal
à capter : elle parle de l'extrême solitude de l'âme, de la vérité nue de l'émotion, de la grandeur délicate de l'amour parfois teintée de violence, que la beauté du monde peut éveiller en chacun d'entre nous. Titi Robin Quintet joue la guitare, le bouzouq et le 'oud, et est le compositeur exclusif de ses nombreux projets.
(crédit photos Titi Robin Quintet © Louis Vincent)
" I do think Titi Robin Quintet is one of the world's great musicians and visionaries."
Charlie Gillet, BBC-London, 2009
"Une des plus singulières trajectoires d'artiste en France."
LE MONDE DE LA MUSIQUE
Le projet :
Le projet "triptyque" est né d'une volonté de Titi Robin Quintet de "rendre" à ces pays et leurs habitants qui l'ont nourri de leurs influences durant les 30 dernières années,
leur générosité musicale et artistique en créant de nouveaux répertoires avec des musiciens locaux dans chaque pays, en enregistrant le fruit de ces créations et en faisant produire les disques par des partenaires locaux dans chacun de ces pays afin que les publics marocains, indiens et turcs puissent découvrir le fruit de ce travail.
Cette initiative est unique et nait de la constatation que si de nombreux musiciens indiens, marocains et turcs viennent en Europe (et aux Etats Unis) enregistrer des disques
à destination du public occidental, il est extrêmement rare que le fruit de ces travaux ne parviennent aux publics indien, turc ou marocain...
Blog : les-rives.thierrytitirobin.com | www.thierrytitirobin.com
Les Musiciens
Tarifs : 18 € / Groupes (10 pers.), bénéficiaires des minima sociaux, - 26 ans, adhérents Cri du Port : 15 €
Comités d'entreprise : se renseigner auprès d'Espaceculture au 04 96 11 04 72
Renseignements & réservation :
Espaceculture 04 96 11 04 61
www.espaceculture.net (billetterie sécurisée)

La musique : un passeport aux multiples visas
Titi Robin puise, depuis trente ans, son inspiration dans les cultures méditerranéennes. Il sera en concert pour la soirée de clôture des Rencontres d’Averroès. L’occasion de découvrir sa dernière création, un triptyque discographique regroupant des compositions créées et enregistrées en Inde, au Maroc et en Turquie. Rencontre avec un artiste qui a su développer un style inimitable en se nourrissant de la culture des autres.
Propos recueillis par Fred Kahn
D’où vient votre intérêt pour les cultures tziganes et orientales ?
Titi Robin : Comment expliquer une vocation ? Peut-on justifier pourquoi on tombe amoureux ? Je viens d’un milieu où il n’y avait pas d’éducation musicale. J’ai fait mon école buissonnière. J’avais soif d’art et de musique et je me suis abreuvé aux sources qui étaient à ma disposition. J’ai grandi au milieu de Français, de Gitans et d’Arabes.
C’était mon quotidien. C’était ma France. Ces communautés ont donc constitué mon premier public. Ils comprenaient ma musique. Le fait que mon style soit imprégné par ces influences ne relève absolument pas d’un exotisme. Ma musique est le reflet de mon vécu. Ces cultures ne sont pas pour moi une évasion, elles me permettent d’exprimer ma personnalité et mon identité…
Une identité multiple et méditerranéenne ?
T. R. : J’ai construit mon parcours artistique à l’instinct, mais quand je me retourne sur le chemin parcouru je me rends compte qu’il y a une cohérence très forte. Au fil du temps, j’ai compris que toutes ces influences m’inscrivaient dans une histoire, dans le prolongement d’une civilisation méditerranéenne qui préexistait à mon travail.
Nous avons perdu la mémoire de cette très riche et très ancienne culture, mais, elle n’a jamais disparu. De l’ouest de la Méditerranée au nord de l’Inde, une unité persiste, un même chemin avec de multiples ramifications. Mon travail reste cohérent car il suit ce courant commun.
Vos compositions n’ont pourtant rien de « traditionnelles ». On ne peut pas non plus parler de « fusion » ?
T. R. : La fusion tente de réunir des éléments apparemment opposés. Alors que sur le vêtement que je couds, on ne voit absolument pas les coutures. J’écris mes propres compositions dans un style qui n’est ni arabe, ni indien, ni gitan, mais qui est imprégné de ces influences. J’assume qui je suis : un musicien occidental côtoyant d’autres cultures. Je me suis inventé un style, à la fois dans ma manière de jouer, dans ma technique instrumentale et dans mes compositions qui n’appartiennent à aucun genre. Et je me confronte à des musiciens qui explorent des univers cousins, mais différents. Ces rencontres ont toujours irrigué mon travail. Grâce à ces échanges, j’ai pu
inventer mon propre langage.
Vos compositions n’ont pourtant rien de « traditionnelles ». On ne peut pas non plus parler de « fusion » ?
T. R. : La fusion tente de réunir des éléments apparemment opposés. Alors que sur le vêtement que je couds, on ne voit absolument pas les
coutures. J’écris mes propres compositions dans un style qui n’est ni arabe, ni indien, ni gitan, mais qui est imprégné de ces influences. J’assume qui je suis : un musicien occidental côtoyant d’autres cultures. Je me suis inventé un style, à la fois dans ma manière de jouer, dans ma technique instrumentale et dans mes compositions qui n’appartiennent à aucun genre. Et je me confronte à des musiciens qui explorent des univers cousins, mais différents. Ces rencontres ont toujours irrigué mon travail. Grâce à ces échanges, j’ai pu inventer mon propre langage.
Justement parlez-nous de votre relation au public ?
T. R. : Il n’y a pas un public, mais des publics.
Certaines personnes sont plus extraverties, d’autres plus timides. Certaines fois, le courant passe immédiatement et d’autres fois, il faut un peu plus de temps pour instaurer un lien profond.
Les formes d’écoute sont très différentes selon les régions. Plus on voyage et plus on prend conscience de cette diversité.
On n’a jamais fini de découvrir et d’apprendre.
Ce souci de l’écoute de l’Autre correspond à une posture politique ?
T. R. : C’est ma vision de la France et effectivement, elle entre parfois en collision avec des politiques qui nient ce dialogue. J’assume cette dimension politique.
Votre dernier projet, Les Rives, réunit trois CDs, un tryptique réalisé en Inde, au Maroc et en Turquie. Pourquoi ces trois « continents » culturels ?
T. R. : Il existe une continuité culturelle très ancienne qui circule entre l’Inde du Nord et le Maroc. Quant à la Turquie, elle est en quelque sorte au centre de la Méditerranée. C’est à la fois une porte sur l’Europe et sur l’Asie. Dans ce parcours, les liens sont à la fois intimes, pratiques et symboliques.
Ces trois disques sont non seulement entièrement produits mais également diffusés localement. Ce qui est loin d’être toujours le cas avec les « musiques du monde » ?
T. R. : En effet, habituellement, les musiques du monde ne sont diffusées qu’en Occident. Cette fracture me dérange. Pour mêler l’esthétique, l’éthique et le politique j’ai enregistré à chaque fois avec une maison de disque locale et dans le système économique local. Je voulais que les populations puissent avoir accès au résultat de ce travail. Ces musiques sont populaires, elles sont nourries par le peuple. Il était essentiel pour moi de leur restituer mon travail.
Donc, dans chacun des trois pays, une maison de disque locale possède l’exclusivité de la distribution. Pour la distribution mondiale, ma maison de disque, Naïve,
rachète les CDs et les réunit dans un coffret.
On retrouve certaines compositions communes dans les trois disques ?
T. R. : Oui, mais les interprétations sont fondamentalement différentes. Musicalement et stylistiquement, j’ai cherché à établir des correspondances entre les répertoires
des trois disques et ce, afin de mettre en évidence autant les spécificités que les nombreux points communs entre les pays.
Certains thèmes sont joués dans les trois disques. Certains poèmes ont été traduits dans les trois langues, avec un arrangement spécifique correspondant aux musiciens présents et à leurs instruments.
Et il existe aussi des liens avec des compositions déjà réalisées par le passé en France.
Reconnaître et honorer mes sources et les commenter me permet de mieux définir mon propre style qui est, je le revendique volontiers, tout à fait iconoclaste.