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(légende photos de gauche à droite : « Au nom de l'Islam » - © DR., « Musulmans de France » - © DR, « Zahia Ziouani, un chef d’orchestre entre Paris et Alger » - © DR,
« Slimane Azem, une légende de l’exil » - © DR.).


Marseille
Place aux Écrans d’Averroès !

Les Rencontres se sont de nouveau associées avec l’INA et le CMCA [dans le cadre de la promotion du PriMed du CMCA] pour proposer un programme documentaire autour de la thématique 2011. Cinq films à découvrir [gratuitement] du 3 au 5 novembre à Marseille, à la Maison de la Région.

En ouverture... Au nom de l’Islam Au regard de la thématique 2011, quel documentaire pouvait mieux ouvrir les Écrans d’Averroès qu’Au nom de l’Islam ? En deux volets de 54 minutes chacun – Le Ressentiment et Djihad ou démocratie – cette production INA nous plonge dans les soubresauts du monde arabo-musulman tout au long du dernier siècle et les resitue dans la perspective actuelle, tant au Maghreb qu’au Machreq.
Dignité bafouée par le colonialisme, fascination/ répulsion vis-à-vis de l’Occident, impasse du panarabisme, récurrence de la tentation islamiste : Au nom de l’Islam a demandé quatre longues années d’enquête. Dans cette difficile entreprise, les auteurs, Ben Salama et Antonio Wagner, ont fort heureusement pu s’appuyer sur des images d’archives exceptionnelles et des grands témoins de haute volée, dont beaucoup, tels Nilufer Gole, Mohamed Charfi ou François Burgat, ont d’ailleurs été des invités des Rencontres d’Averroès ! Grâce à quoi, ils ont réussi un véritable tour de force : non seulement leur film évite la langue de bois sur un sujet ultra sensible, mais il reste d’une constante clarté, malgré la complexité des situations évoquées. Passionnant et indispensable !

Vous avez dit intégration ? Musulmans de France & Fils et filles de… Deux films de la programmation portent sur ce qu’on appelle, schématiquement, l’intégration.
Musulmans de France de Karim Miske et Mohamed Joseph, retrace en trois volets l’histoire de la présence musulmane en France depuis l’arrivée de quelques milliers de Kabyles en 1904 jusqu’aux nominations de Rachida Dati, Fadela Amara et Rama Yade dans les gouvernements Fillon I ou II. Seul, le dernier volet sera projeté dans le cadre de ces Écrans. Il se concentre sur cette « troisième génération » éclose après 1980, tout autant rejetée par un pays qui a peur de l’islam et qui est tenté par le repli communautaire.
Diffusé au cours de la même séance, Fils et filles de… vient en contrepoint. Ce documentaire de Jean-Thomas Ceccaldi donne la parole à trois trentenaires issus de l’immigration, exemples parfaits d’une brillante réussite sociale, Abderrahmane dans la banque, Nadia dans la gestion, et Mourad dans l’édition et le rugby [les amateurs reconnaîtront d’ailleurs sans peine l’actuel président du RC-Toulon].
Mais pas question de béate « discrimination positive » ici !
Le film montre que cette réussite se fait au prix de tiraillements douloureux, voire d’un vrai malaise identitaire.

Dire par la musique Zahia Ziouani, chef d’orchestre & Slimane Azem, légende de l’exil Ce panorama se conclut par deux portraits d’artistes en miroir. Le premier, signé Rachid Merabet, est celui d’une légende de l’exil, le chanteur Slimane Azem. Mort en 1983, toujours adulé dans la communauté kabyle [et par les Zebda !] il est la voix émouvante de la « première génération », celle qui a vécu, solitaire et invisible, au fond des foyers Sonacotra.
Le second, que l’on doit à Valérie Bregaint, nous restitue le charisme de Zahia Ziouani, jeune femme initiée à la musique classique par ses parents, et devenue à la fois directrice du Conservatoire de Stains et chef d’orchestre.
Zahia Ziouani travaille aussi bien à Paris qu’à Alger ou en Seine Saint-Denis, suscitant partout des vocations, exigeant l’excellence, impliquant les familles, et démontrant avec brio que même dans le « 9-3 », le rap et l’échec ne sont pas forcément les seuls horizons !

> Voir la bande annonce

Programmation
3 AU 5 NOVEMBRE
MARSEILLE
MAISON DE LA RÉGION
Trois jours de documentaires proposés par le CMCA, l’INA & Espaceculture_Marseille, en partenariat avec la Maison de la Région.
[entrée libre dans la limite des places disponibles]

JEUDI 3 NOVEMBRE À 18 H
« Au nom de l'Islam », documentaire en 2 volets de Antonio Wagner écrits par Ben Salama, produits par l’INA [2009, 54’ chaque partie] Ire partie : « Le Ressentiment »
2e partie : « Djihad ou démocratie » Participants : Marc Ferro, Michael Barry, Joseph Maila, Gilles Kepel, Gamal Al Banna, François Burgat, Jean Lacouture, Ramin Jahanbegloo, Mohamed Charfi, Paul Barril, Nilufer Gole.
Projection suivie d’un débat.

VENDREDI 4 NOVEMBRE À 12 H
« Musulmans de France », documentaires de Karim Miske & Mohamed Joseph.
Projection de la 3e partie : • « Français, 1981-2009 » [2009, 63’].
Participants : Abdel Dafri Raouf, Bariza Khiari, Benjamin Stora, Tarek Oubrou, Christian Delorme, Dalila Kerchouche, Abd al Malik, Linda Amiri, Mahamet Timera, Fatoumata Coulibaly. • « Fils et Filles de…. » de Jean-Thomas Ceccaldi [2007, 52’] Sélection du PriMed CMCA.

VENDREDI 4 NOVEMBRE À 19 H

« Zahia Ziouani, un chef d'orchestre entre Paris et Alger » de Valérie Brégaint [2010, 52’]
Sélection PriMed CMCA. « Slimane Azem, une légende de l'exil » de Rachid Merabet [2005, 52’] Sélection du PriMed CMCA.

SAMEDI 5 NOVEMBRE À 15 H
Rediffusion de l’intégralité de la programmation.