
Entre deux rivages
[Les Rencontres à l’échelle]
Autre événement proposé par les Rencontres à l’échelle et placé Sous le Signe d’Averroès : une exposition du plasticien Mehdi Meddaci, organisé par les Bancs Publics et les Ateliers de l’Image à Hors les Murs, la nouvelle galerie du réseau Marseille Expos.
Un choix on ne peut plus judicieux tant cet artiste se situe à l’intersection des civilisations occidentales et musulmanes.
« Il poursuit un cycle méditerranéen en observant l’espace de l’entre deux, le flottement métaphorique des corps
entre les deux rivages », analyse Julie Kretzschmar.
En effet, Mehdi Meddaci arpente les chemins migratoires en prélevant des éléments, des traces, qui éclairent autant sa propre histoire que sa démarche de plasticien.
L’émotion naît d’une tension entre le désir de fixer ces histoires d’exil et la conscience que les images témoignent avant tout d’un manque.
Le fil qui relie ces parcours de vie dessine les contours d’une société mixte tout en soulignant l’irréductible isolement du migrant.
« En imaginant les signes de ce mélange, je réaffirme symboliquement une continuité menacée, un étirement culturel aux limites d'une disparition », explique Mehdi Meddaci. L'exposition se compose de 3 installations vidéos, Lancer une Pierre [2008], Alger la blanche [2009], Murs [2011]. Quatre photographies font écho à ces installations.
Il a regroupé les oeuvres de ce cycle méditerranéen sous l’intitulé : Ce qui est perdu. Et, en la rendant palpable, il nous offre cette perte.
(légende photo : Mehdi Meddaci - © DR.)

Medhi Medacci est né à Montpellier d’un père kabyle et d’une mère française d’origine espagnole et italienne.
C’est cette origine méditerranéenne, ou plutôt la mémoire reconstruite et retransmise de cette origine, qui fonde son travail, et en est la source d’inspiration première.
Formé à l’Ecole Supérieure de la Photographie d’Arles et au Studio National des Arts Contemporains du Fresnoy, le jeune plasticien se refuse à choisir entre images fixes
et images en mouvement ; il oscille sans cesse entre les deux, déclinant pratiquement toutes ses créations sur les deux modes, allant jusqu’à utiliser des supports intermédiaires comme les diapositives, et jouant toujours de la fixité dans ses vidéos et du mouvement dans ses photos.
Dans la région, seule une exposition collective présentée par le FRAC en 2007 avait permis d’avoir un bref aperçu de son travail. Grâce à une initiative des Ateliers de l’Image
et des Bancs Publics, en coproduction avec les Rencontres d’Averroès, celle que présente la galerie H.L.M. - Hors-Les-Murs jusqu’au 3 décembre en donne une idée beaucoup plus complète. On peut y voir – toujours inscrites dans le Cycle méditerranéen du plasticien – une installation vidéo de 22’ qui date de 2008, Lancer une pierre,
une vidéo de 2’36’’ projetée en boucle intitulée Alger la Blanche, et enfin Murs, proposition récente et ambitieuse montrée ici en installation trois écrans.
L’exposition est complétée par quatre caissons lumineux de formats très différents. Toutes ces images s’inscrivent dans un vacillement entre politique et poétique qui pourrait bien être la marque de Meddaci.
[Jeanne Baumberger]

5 NOVEMBRE AU 3 DÉCEMBRE
MARSEILLE
GALERIE H.L.M. – Hors Les Murs
VERNISSAGE VENDREDI 4 NOVEMBRE À 19 H
Exposition « Ce qui est perdu »
Un cycle méditerranéen de Mehdi Meddaci [photographie | installation vidéo].
[En parallèle de l'exposition est organisée
une projection de « Tenir les murs »,
film de Mehdi Meddaci en présence de l'artiste
samedi 5 novembre à 18 h
à La Cité - Maison
de théâtre, 54 rue Edmond Rostand - 6e Marseille].
• Du mardi au samedi de 15 h à 19 h, nocturne
vendredi 2 décembre jusqu'à 22 h, entrée libre.
Une exposition organisée par Les Ateliers de
l’Image & Les Bancs Publics, dans le cadre
des Rencontres à l’échelle, en coproduction
avec Espaceculture_Marseille
et en collaboration avec Marseille Expos.
www.lesrencontresalechelle.com
